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_Bach to jazz

Bach to jazz

 

Qui a dit que jazz et classique, deux entités distinctes ne pouvaient s’entrecroiser ? Le Quatuor Debussy s’offre un aparté dans le monde du jazz à l’occasion d’une belle collaboration avec le duo belge Jean- Louis Rassinfosse (à la contrebasse) et Jean-Philippe Collard-Neven (au piano). Deux cultures qui se rejoignent pour créer des sonorités nouvelles, issues d’une assimilation d’un riche passé. Il ne s’agit pas d’un quatuor qui accompagne un duo de jazz ou inversement, mais bien de la création d’un nouveau groupe. Ce sextuor se marie à merveille et ravit nos oreilles en nous offrant un répertoire sur mesure.

Le projet

Lors de la première rencontre entre le Quatuor Debussy et le duo belge Jean-Louis Rassinfosse et Jean-Philippe Collard-Neven le répertoire musical n’était pas encore fixé. Il ne s’agissait pas de créer un simple sextuor mais de faire se rencontrer un quatuor classique ayant déjà plus de 20 ans d’existence et pratiquant régulièrement des ouvertures vers le jazz, la danse, le cirque, et un duo atypique réunissant un contrebassiste de jazz et un pianiste polymorphe, un duo actif depuis 10 ans et ayant multiplié les expériences à la lisière du classique, du jazz, de la chanson, de la musique de film.
Le quatuor comme le duo avaient eu, au fil des ans, le temps de se forger un son, un jeu fusionnel, une énergie propre, et ils rêvaient de trouver un espace de jeu commun, un lieu sonore où il serait possible de partager ces parcours respectifs, l’un axé sur le répertoire classique écrit, et l’autre sur l’improvisation et les compositions personnelles. Il n’était pas question de jouer Bach de manière jazzy, ni d’écrire une jolie introduction classicisante pour ensuite enchaîner sur un rythme chaloupé. Il est très vite apparu qu’il fallait construire un répertoire sur mesure pour ce sextuor inédit.
Et c’est ainsi que dans l’introduction du mouvement lent de Bach vous serez peut-être surpris d’entendre une ligne de basse se faufiler comme un chat entre les pizzicatti impertubables du quatuor, que ces quelques mesures, lorsque l’on passe en arco, qui n’étaient qu’une brève transition se développent curieusement en une longue progression dont le groove rendra d’autant plus inattendue l’arrivée du 3e mouvement.
C’est aussi cette fameuse introduction en pizzicato de Ravel qui se répète pour devenir un tapis ô combien luxueux sous une ligne de piano qui pourrait peut-être plaire à Pat Metheny ou Egberto Gismonti ; que la ligne d’alto au début du mouvement de Debussy, initialement voilé sous la mélodie séduisante du violon, devient le guide d’une improvisation. Et ainsi de suite, sans jamais vraiment s’éloigner tout à fait des textes originaux qui sont toujours là, en filigrane.
La forte volonté d’un vrai projet de musique chambre et non d’un duo de jazz « + strings » s’est vite fait ressentir. Un projet ou le moindre contre-chant d’alto serait relié aux improvisations de la basse ou aux voicings du piano. Le temps passé ensemble depuis 2012, tous ces concerts à travers la France, d’Arras à Aubenas ont cimenté cette riche rencontre musicale et humaine.
Bruno Letort est arrivé à point nommé pour permettre de fixer sur cd une trace de cette aventure, un état des lieux de cette musique fin de l’été 2015 à Radio France. Le CD se nomme Filigrane chez Radio France Signature.